A lors que la France est en train de passer de la Chiraquie à la Sarkosyie, il faut tirer les leçons des dernières élections qui viennent de se dérouler en France. Contrairement à ce que certains politologues ont vite fait d’affirmer, la démocratie se porte plutôt bien en France. Les citoyens n’ont pas déserté les urnes ! Plus de 80% de taux de participation à un scrutin, c’est plutôt rare. La France est une démocratie et les Français savent utiliser leurs bulletins de vote. Nul n’a besoin de leur offrir une démocratie participative. Ils savent se servir de leur vote.
L’exception socialiste est finie. La France est redevenue un Etat centré à droite. Après le basculement à gauche consécutif aux élections de 1982 et l’avènement de François Mitterrand, la France est de nouveau revenue à droite. La preuve, trois élections présidentielles perdue par la gauche. Le plébiscite de Sarkosy est une preuve supplémentaire. Même si l’extrême droite a semblé perdre du pied, c’est bien au bénéfice de la droite. Les tentatives forcées pour ramener un électorat de droite au centre gauche ont eu des conséquences néfastes. L’électorat de droite qui a suivi Bayrou au centre est retourné à ses premiers amours.
Pour l’Afrique, rien ne changera ; contrairement à ce que pensent certains spécialistes des relations entre la France et l’Afrique. La preuve, Sarkosy a fait son nid dans les alcôves de Vincent Bolloré, le plus africain des investisseurs français. Mieux le grand frère Bongo est venu rappeler à tout le monde que Sarkosy est le plus gabonais des français. Alors il faut s’attendre à un statut quo sur les questions africaines. Ce que beaucoup ne savent pas, à commencer par les politiciens africains, c’est que la politique africaine de la France n’est pas définie par l’Elysée, mais par les groupes d’intérêts français opérant en Afrique. La politique africaine de la France, c’est d’abord et avant tout la politique de Total (ancien ELF), du Groupe Bolloré, d’AREVA, de Bouygues, de France Télécom, etc.
Alors pour les années à venir, les élections seront couronnées par des hold-ups, les pirogues charrieront leurs lots de misérables des mers, les dictateurs seront forcer de poursuivre leur job,… La politique africaine de la France ne changera que lorsque ces groupes trouveront leurs intérêts ailleurs ou autrement. Comme quoi, la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts.
Don Ray
1 commentaire » 15 mai 2007
Lomé, il est 20 Heures. Les rues sont presque désertes. Le calme qui y règne en cette soirée est consécutif à la diffusion en direct par les médias (radios et télévisions) du débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkosy, les deux candidats au deuxième tour des élections présidentielles en France.
Pareil calme ne s’observe que rarement. Soit lors d’un match retransmis par les médias ou, cas funeste, quand la violence s’installe sur la capitale. Qu’est-ce qui peut expliquer ce calme sur la ville? La réponse est toute simple: l’intérêt que portent les Togolais à la politique en France, non pas en elle-même, mais en relation avec la situation dans leur pays.
En effet, les Togolais ont la certitude que ce qui se joue en France influencera la situation politique chez eux. même si par le passé, les mêmes espoirs placés dans l’avènement au pouvoir de François Mitterand ont été suivis d’illusions très amères.
L’intérêt des Togolais pour la politique français est révélateur de la dépendance (en dépit des indépendances) de notre pays à la France. Cette dépendance est le résultat de plusieurs décennies d’incompréhension, d’intérêts mutuels, de crise et de l’utilisation d’un outil commun de communication qu’est le français. C’est un passé lourd de sens et ayant un contenu complexe que revendiquent tous ceux qui aujourd’hui portent un intérêt pour l’Hexagone.
Pour beaucoup d’Africains, la France reste une fenêtre ouverte sur le monde. Notre lecture du reste du monde se fait à travers le prisme déformant (ce n’est pas nécessairement négatif) de l’Hexagone. Et pour rien au monde, les Africains de l’espace francophone ne renonceront à cette vitrine qui attire et qui tue! Le boats people qui échouent sur les rivages des îles Canaries sont là pour nous le rappeler.
Nous somme pétris par une histoire commune et notre avenir n’aura de sens que dans une vision partagée des choses. On ne saurait refuser à des millions d’Africains que nous sommes, d’effacer ce passé. Les barbelés, les miradors et autres tours de garde dressés sur notre chemin ne nous empêcheront d’aller vers la France. Tels des saumons nous nous dirigerons chaque fois que nos pays deviendront inhospitaliers vers la France, le berceau des libertés. Voilà le sens réel du calme qui a prévalu à Lomé et partout ailleurs en Afrique francophone.
Par cet intérêt, les Africains viennent signifier à la France que si certains pensent qu’elle n’a pas besoin de l’Afrique, celle-ci ne peut pas se passer d’elle. Vouloir couper l’Afrique de la France, c’est se livrer à une vaine tentative de séparer un homme de son ombre. Que les apprentis-sorciers en politique aujourd’hui nous apprennent comment s’y prendre.
DON RAY
Aucun commentaire » 3 mai 2007
Vous me diriez comme toujours, il n’y a rien à comprendre! Mais comme toujours, je vous dirai: je veux comprendre! Comprendre quoi? Comprendre qui? L’actualité ces derniers temps est riches et ceux qui n’y comprennent rien ont subitement envi de comprendre.
Lire la suite 2 commentaires » 30 octobre 2006
A propos du dossier togolais, Les membres de la Commission européenne sont devenus des Saint Thomas, ils veulent voir avant de croire! La tournée qu’effectue actuellement Monsieur Faure Gnassingbé, risque d’accoucher d’une souris. Et ce n’est pas sa rencontre avec le Président Français qui changera la donne à l’UE.
Lire la suite 3 commentaires » 5 septembre 2006
De Lomé à Ouaga, le dialogue intertogolais poursuit son bonhomme de chemin. Les Togolais qui ont appris à vivre avec des espoir déçus, se gardent de pronostiquer son issue.
Lire la suite 2 commentaires » 10 août 2006
Les historiens seront d’accord pour dirent que le destin du Togo passe par Ouaga. Il y a eu Ouaga1 puis 2 et bientôt 3. Pour sortir le Togo de la crise, la classe politique a, de façon unanime, désigné l’ami Blaise pour faire la paix au Togo. Réussira-t-il sa mission?
Lire la suite 1 commentaire » 26 juillet 2006
“Il n’y aura plus de dialogue” nous a-t-on promis. Eh bien tout laisse croire qu’il y aura toujours et toujours des dialogues au Togo. Les hommes politiques l’on maintenant sur leur gène et il ne pourrons plus s’en passer. Pourquoi? Apporter une réponse à une telle question, c’est discuter sur le sexe des anges!
Lire la suite 4 commentaires » 14 juillet 2006
Les togolais ont cessé d’être dupes. Il y a quelques années encore, on pouvait les prendre avec du dialogue. Mais, à présent, peine perdue, ils ont leur petite idée là-dessus. Pour en arriver là, il a fallu de la violence à répétition et une bonne douzaine de dialogues made in Togo où on discute de tout et de tous sauf de l’essentiel ou sans la présence physique de l’essentiel.
Lire la suite 3 commentaires » 4 juillet 2006
Le Togo est une particularité, tout le monde le sait: grève de 9 mois, élections truquées à répétition, dictature tropicale évoluant à reculons sur l’autoroute de la mondialisation, violations des droits humains…grève “footballistique”! Pouvait-il en être autrement dans un pays où tout est à l’envers! Le plus dur et le plus grave, malheureusement, est que le monde nous accepte ainsi sans état d’âme.
Lire la suite 6 commentaires » 27 juin 2006
Dans une affaire de crash d’avion, un parent de victime au sortir d’une audience de tribunal qui n’a de cesse de durer affirmait que la France était une République bananière. J’ai, à l’époque, voulu y voir le signe d’une exaspération de la part d’un citoyen qui perdait confiance dans les institutions de son pays.
Lire la suite 5 commentaires » 26 juin 2006